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La Réunion alloue 622 000 euros à 25 projets via son Fonds Audiovisuel et Cinématographiqu

Le Conseil régional soutient 25 œuvres locales, de l'écriture jusqu'à la production.

Le 21 août 2026, la commission permanente du Conseil régional de La Réunion a validé une enveloppe de 622 000 euros en faveur de 25 projets audiovisuels et cinématographiques. Le dispositif repose sur trois strates de financement correspondant aux phases d'écriture, de préproduction et de production, dans le cadre du Fonds Régional Audiovisuel et Cinématographique, sur recommandation du Comité du Film de La Réunion rendu le 29 juin 2026. Le partenariat avec le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) constitue l'architecture institutionnelle dans laquelle opèrent ces crédits. La répartition par phase est délibérée et reflète une logique de filière intégrée. L'aide à l'écriture absorbe 82 000 euros répartis sur 13 projets, couvrant le développement scénaristique, la recherche documentaire, les versions successives de scripts, la constitution d'équipes et la préparation des dossiers à destination des producteurs et des diffuseurs. Les autorités régionales traitent ce segment amont comme une infrastructure de base : un projet audiovisuel exige en général plusieurs mois de développement avant qu'une caméra soit mise en route, et c'est précisément cette phase qui a longtemps manqué de financement structuré à La Réunion. La préproduction bénéficie de 75 000 euros répartis sur cinq projets. Ces crédits financent les repérages, la préparation technique, le casting, l'assemblage des équipes de tournage, le planning de production et la recherche de financements complémentaires, avec pour objectif d'amener les projets au seuil de la pleine opérationnalité productive. La production stricto sensu capte la part dominante : 465 000 euros, soit près des trois quarts de l'enveloppe totale, répartis sur sept projets. C'est à ce stade que le financement public génère le plus directement de l'activité économique mesurable, par le biais des tournages sur site et du recours aux techniciens locaux, aux comédiens, aux prestataires de services et aux entreprises du secteur audiovisuel réunionnais. La Région articule explicitement ce soutien à la production comme levier simultané de développement créatif et de consolidation du tissu économique local. Le Fonds Régional Audiovisuel et Cinématographique poursuit par ailleurs un objectif de désenclavement des productions réunionnaises vis-à-vis des circuits nationaux de financement, des diffuseurs, des festivals, de la sortie en salles et des plateformes de streaming. L'enjeu structurel est de permettre aux auteurs et aux techniciens de construire des trajectoires professionnelles durables depuis l'île, sans passer par la délocalisation vers l'Hexagone. La même session du 21 août 2026 a validé une seconde enveloppe de 713 060 euros via le Fonds Régional Culturel, couvrant les festivals de cinéma, les institutions culturelles, les projets artistiques et la promotion des artistes réunionnais hors du territoire. Les bénéficiaires identifiés comprennent le Festival Même Pas Peur, Cinékour, le Ciné Festival Océan Indien, Ousanousava, Tinom Musique et le Théâtre Vollard. Ces structures remplissent une fonction de circulation indissociable du dispositif de production. Cinékour, centré sur la promotion de la création cinématographique réunionnaise, et le Festival Même Pas Peur, dédié au cinéma fantastique, offrent des espaces d'exposition aux oeuvres achevées et à leurs équipes. La capacité de production ne suffit pas à faire exister une industrie locale. C'est la circulation par les festivals, les salles, la télévision et les plateformes qui détermine si cette capacité se traduit en visibilité durable. Cumulés, les deux fonds actés lors de cette unique session représentent plus de 1,33 million d'euros. Le défi persistant de La Réunion dans le secteur de l'image a été de générer des oeuvres conçues et développées localement, plutôt que d'accueillir des productions extérieures qui repartent sans laisser de savoir-faire ancré dans le territoire. Le financement annoncé cible explicitement ce déficit, de la phase d'écriture initiale jusqu'à la conclusion du tournage. La mesure réelle de l'efficacité du dispositif sera le nombre d'oeuvres d'origine locale parvenant effectivement à la distribution nationale et internationale dans les prochains exercices.